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That's Eurovision !

Juliette Moraine - je vis pour que des gens ressentent des choses

Juliette Moraine - je vis pour que des gens ressentent des choses

Juliette Moraine a fait partie des 12 artistes qui ont tenté de représenter la France au Concours Eurovision qui se déroulera en mai prochain à Rotterdam.

Elle a remporté une très belle deuxième place avec « Pourvu qu’on m’aime » ainsi que le cœur de nombreux téléspectateurs.

Juliette a accepté de répondre à nos questions. Nous vous invitons à découvrir une artiste vraie, authentique, humaine.
Propos recueillis le 9 février 2021

That’s Eurovision ! : Bonjour Juliette, sois la bienvenue dans la grande famille Eurovision !

Juliette Moraine : Merciiiii !!

That’s Eurovision ! : Comment te sens-tu après la sélection « Eurovision France – c’est vous qui décidez ! » ?

Juliette : Un peu de nostalgie, c’était une folle aventure, j’ai passé un très bon moment. Fou car je découvrais le monde de l’Eurovision, les Eurofans, tout ce nouveau monde que j’ai pris plaisir à découvrir. Je suis donc sereine et nostalgique.

That’s Eurovision ! : Est-ce le fait d’être très entourée, puis que tout s’arrête d’un coup ?

Juliette : C’est ça oui, et pourtant j’ai l’habitude, je fais pas mal de tournées avec ma comédie musicale. A chaque fois que je rentre sur Paris, c’est la même chose : c’est quand même triste de rentrer chez soi !

Juliette Moraine - je vis pour que des gens ressentent des choses

That’s Eurovision ! : Vous nous avez offert une parenthèse magnifique avec les 11 autres artistes en cette période « sinistrée ».

Juliette : Ça a fait tellement de bien, on a du mal à se lâcher les uns les autres, on n’arrête pas de s’appeler, on veut partir ensemble. J’ai eu Barbara dans l’après-midi…

That’s Eurovision ! : Vous avez tous tissé une belle entente entre vous ?

Juliette : Oui ! Nous avons tous halluciné, aussi bien les artistes que les personnes qui ont fait le casting. Ils ont fait en sorte que nous soyons tous « humains », ils ne pouvaient pas s’imaginer que nous allions si bien nous entendre. On fait ce métier-là pour ça également, pour partager.
Quand tu es sur un Concours et qu’il n’y a aucune animosité ou quelconque jalousie, c’est royal.

That’s Eurovision ! : Qui est Juliette Moraine ? Quelles sont tes racines géographique et musicale ?

Juliette : Je viens de Bourgogne, j’ai grandi là-bas. Dès que j’ai eu mon BAC, je suis partie aux Etats-Unis, à la base pour apprendre l’anglais. Je ne savais pas trop ce que je voulais faire de ma vie. Puis j’ai découvert la comédie musicale là-bas, mais au-delà, j’ai découvert que de chanter, de danser, de faire de la comédie, raconter des histoires, c’était ce que je voulais faire de ma vie. Et je suis parisienne depuis bientôt 11 ans.

Juliette Moraine - je vis pour que des gens ressentent des choses

That’s Eurovision ! : Dans ton parcours, il y a « Roméo et Juliette », c’est une belle aventure.

Juliette : Ah la la, c’est fabuleux ! C’est beaucoup de chance aussi, car quand j’ai auditionné il était indiqué qu’il fallait avoir entre 35 et 40 ans… j’en avais 24. « Pas de souci, je tente… », c’est ce qui s’est passé pour l’Eurovision, j’ai tenté et voilà… ma vie est faite de ça.
La comédie musicale m’a fait grandir artistiquement aussi, il faut apprendre à jouer 8 fois par semaine, à gérer le stress, le corps, la voix, la vie en communauté, être très loin de chez soi… Dans des cultures éloignées de la nôtre, que ce soit en Chine ou en Russie, tout cela forge le caractère, personnel et artistique.

That’s Eurovision ! : Le Concours n’a pas toujours bonne presse en France, pourquoi as-tu tenté l’aventure ?

Juliette : Un mélange de plusieurs choses… tu vois, je n’aime jamais faire comme tout le monde. Quand on me dit : « c’est pas ouf quand même… par rapport à l’image que ça a en France ». Mais c’est quand même un Concours qui est mondialement connu, je défends une chanson que j’aime et que je trouve jolie, je ne vois pas pourquoi ce serait négatif.
Je me suis donc lancée et je ne regrette pas du tout ! Je dirais même qu’avec tous les artistes, nous n’avons pas changé l’image de l’Eurovision, mais peut-être réussi à convaincre les gens que ce pouvait être une belle émission et qu’ils auront envie de regarder le Concours cette année.

Avec Terence James et Casanova

Avec Terence James et Casanova

That’s Eurovision ! : France 2 nous a proposé 12 titres, des styles variés. Ton histoire personnelle parle à chacun pour diverses raisons, tu as fait ressentir ton émotion…

Juliette : On vit pour ça, en tout cas moi je vis pour que des gens ressentent des choses. Si je ne fais rien ressentir, c’est que je ne fais pas bien mon « métier ».

That’s Eurovision ! : Dans ta chanson « Pourvu qu’on m’aime », tu as puisé la force, l’écriture de celle-ci, dans un parcours vraiment personnel ?

Juliette : Oui, c’est toute mon histoire. Je n’ai rien à cacher, je travaille sur moi et ça fait partie de ce cheminement. J’ai mis le doigt là-dessus en me disant « ça, ça me fait mal, et bien je vais le mettre en chanson ».
Mon papa m’aime très fort, il m’a aimé très fort. C’est plutôt moi et mon rapport aux autres. J’avais des super copains, certains m’ont contactée après le prime en me disant « j’espère que l’on ne t’a pas fait sentir mal quand on était plus jeunes », mais c’était moi, j’avais besoin que la terre entière m’aime, me regarde et m’accepte. C’est une leçon de vie pour moi, je me dis que si cela résonne chez moi, ça peut résonner chez vous. On perd du temps à vouloir que tout le monde nous aime…

That’s Eurovision ! : Es-tu fille unique ? As-tu une souffrance liée à ton enfance de ce côté-là ?

Juliette : J’ai un grand frère, mes parents ont assuré. Mon frère faisait de la musique et il en faisait bien, j’ai eu envie de faire comme lui. Il est un véritable soutien dans ma vie. Il était bon à l’école, moi plutôt la tête dans les étoiles. La musique a apporté énormément à toute la famille.

Juliette Moraine - je vis pour que des gens ressentent des choses

That’s Eurovision ! : Quand je parle avec toi, j’imagine un tempérament volcanique et une émotion exacerbée à la fois, je me trompe ?

Juliette : Il y a un peu de tout ça oui, j’ai cru que c’était un problème d’être entière et d’avoir plein d’émotions. Aujourd’hui je sais que c’est une force. J’aime très fort, je suis triste très fort, je suis heureuse très fort…

That’s Eurovision ! : Je souhaite t’inviter dans un endroit particulier, pour faire un repas fantastique, pour te surprendre, te plaire, où est-ce que je t’emmène ?

Juliette : Ooh… quelle belle question ! Si je suis d’humeur festive, tu m’emmènes sur un rooftop à New-York, et on profite de la ville car c’est une de mes villes préférées, on vient d’avoir vu une comédie musicale, puis on va diner et puis danser sur le rooftop.
Et si je suis d’humeur plus futile, tu m’emmènes sur une plage à Bali dans un resto au bord de l’eau, on écoute les vagues et on regarde les étoiles.

Juliette Moraine - je vis pour que des gens ressentent des choses

That’s Eurovision ! : Avec quel artiste aimerais-tu marier ta voix pour un duo ?

Juliette : J’aimerais beaucoup avec quelqu’un comme Sam Smith, quelqu’un qui a une voix qui me fait vibrer. J’aime aussi beaucoup Matt Corby. Quant à la chanson, on l’écrirait ensemble. J’ai adoré chanter avec Duncan Laurence ! Je l’aime d’amour et je vais bosser avec lui je l’espère très bientôt…

That’s Eurovision ! : C’est un projet qui va se mettre en place ?

Juliette : Eh bien écoute, on s’est écrit ! Il est convenu de se voir début mars, pour l’instant c’est dans l’agenda.
Je sais aussi que l’on va bosser avec Terence James, à peine sortie de l’émission, j’étais dans l’euphorie et je me suis mise à écrire de suite. On s’est dit que l’on allait essayer de travailler ensemble. Il a une « pure voix », nous n’avons pas pu le voir suffisamment sur le prime, mais c’est un très bel artiste.

That’s Eurovision ! : Compte-tenu des origines de Terence, ce sera « In French or in English » ?

Juliette: In both languages (rires)

That’s Eurovision ! : Ton album à venir s’appelle « Jusqu’à Toi » ?

Juliette : « Jusqu’à Toi », tout à fait. Il n’y a pas de date fixée pour sa sortie. Tu sais, je n’ai pas encore de maison de disques, les choses se font à l’instant. « Pourvu qu’on m’aime » est le projet de l’instant, nous faisons tout pour qu’il soit passé en radio, en télé.

That’s Eurovision ! : Je suppose que tu as été approchée depuis ton passage à la TV ?

Juliette : On m’a dit « peut-être que l’on ignore que tu n’es pas signée… », tous les autres artistes étaient signés. Mais cela va se faire, sinon ce sera en indépendant, ça ne me fait pas peur, ça va se faire.

Juliette Moraine - je vis pour que des gens ressentent des choses

That’s Eurovision ! : C’est assez significatif que les deux chansons arrivées en tête du classement soient des chansons « émotion ».

Juliette : Ouais, ça fait du bien, ça fait plaisir ! Les gens ont besoin de ça.

That’s Eurovision ! : A l’annonce des résultats, Barbara s’est effondrée dans tes bras, une amitié est née ?

Juliette : Nous avons eu un coup de cœur, et humain et artistique. Nous avons le même sort Barbara et moi, nous vibrons pour les mêmes choses, pour les mots, pour les histoires, pour des mélodies particulières. Nous n’avons pas envie de rentrer dans un moule, c’est-à-dire ce qui fonctionne aujourd’hui. C’est un parti-pris, c’est un risque aussi.
Quand elle est tombée dans mes bras, je lui ai dit de profiter et de recevoir, ça fait des années qu’elle attend, qu’elle donne à tout le monde et qu’elle n’a pas encore reçu tout l’amour qu’elle doit recevoir. Ça nous a rassurées de se dire que l’on a fait ce que l’on aime et qu’en plus ça a plu aux gens.

That’s Eurovision ! : En t’écoutant, on a la confirmation que tu as cette qualité humaine importante, tu parles des autres avec beaucoup de bienveillance et de générosité. Cela révèle une bien jolie personnalité.

Juliette : (rires), ben merci à toi…

Juliette Moraine - je vis pour que des gens ressentent des choses

That’s Eurovision ! : Tu te promènes dans le temps et tu croises la petite Juliette à ses 10 ans, quel conseil lui donnes-tu ?

Juliette : Je lui dis de s’aimer plus fort et qu’elle mérite plus. J’ai passé beaucoup de temps à penser que les autres savaient mieux pour moi, que je pouvais me nourrir de miettes ou de très peu… et je peux encore le faire aujourd’hui : tu me donnes pas grand-chose et j’en fais un festin.
Je ne veux pas plus aujourd’hui, je veux mieux, et je sais que je mérite mieux pour pouvoir donner autant, car j’ai énormément à donner.
J’ai perdu beaucoup d’énergie et je pense que la petite Juliette a perdu beaucoup elle aussi à donner aux mauvaises personnes. Mais aucun regret, j’avance.

That’s Eurovision ! : « Pourvu qu’on m’aime », c’est une thérapie portée à son terme sur la scène de l’Eurovision ?

Juliette : Complètement, c’est assez fou. Je l’ai écrite le 22 février 2020, je n’allais pas très bien et je me suis dis « c’est quoi ton problème ? », j’ai commencé comme ça, « Pourquoi tu n’es pas heureuse ? » « Pourquoi es-tu constamment en manque de quelque chose ? ».
C’était en fait un manque d’amour, l’amour des autres. Je suis entourée, j’ai mes amis, ma famille. Mais j’avais cette fâcheuse tendance à toujours chercher, à me mettre en scène pour toujours plaire aux autres, ce qui était très fatiguant.
C’est vraiment une thérapie, du moment où je l’ai écrite, celui où je l’ai enregistrée en studio et le moment où je l’ai chantée sur scène, je n’ai fait que grandir.

That’s Eurovision ! : Quel serait ton mot pour clore notre entretien ?

Juliette : Merci d’avoir pris le temps d’écouter cette chanson, j’espère qu’elle vous aura fait du bien autant qu’elle m’en a fait. J’ai tout un album qui arrive avec des petites choses comme ça, où je parle à chaque fois de choses qui me touchent. Je fais de la musique pour faire du bien aux gens. J’ai trop hâte que l’on puisse se rencontrer lors de tournées, j’ai beaucoup à donner sur scène. On va s’amuser, s’éclater, pleurer, et lâcher les émotions parce que l’on vit pour ça.

That’s Eurovision ! : Je te remercie énormément pour ce temps passé ensemble.

Juliette : Merci à toi.

Interview : Alain DHALLEWIN

Présentation graphique : Ludovic PICAVET

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