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That's Eurovision !

Vasil - Rien n'arrive par accident !

Vasil - Rien n'arrive par accident !

Vasil devait représenter la Macédoine du Nord à Rotterdam avec la chanson « YOU ».
Nous vous proposons de découvrir ce portrait tendre et honnête d’un artiste souriant et reconnaissant.

(Propos recueillis le 3 avril 2020 par entretien vidéo)

 

Vasil : Ravi de te rencontrer !

That’s Eurovision ! : Enchanté également !
Comment vas-tu ?

Vasil : Je vais bien, quelle folie… mais que pouvons nous y faire ? C’est comme ça !

That’s Eurovision ! : Sois le bienvenu dans la famille Eurovision Vasil !

Vasil : Oui, absolument, merci !

That’s Eurovision ! : Nous devions réaliser cette interview il y a quelques temps, en fait, nous devions la réaliser le jour où nous avons appris l’annulation du Concours…

Vasil : Oui, toi et moi avions prévu de faire cet entretien ce jour là vers 14 ou 15 heures, puis il y a eu l’annonce à peine une heure plus tôt ce même jour, donc… Mais la santé est la priorité, nous devons la placer avant toute chose.

Vasil - Rien n'arrive par accident !

That’s Eurovision ! : Je sais à quel point cela est difficile pour les 41 participants, pour tous ces artistes. Quelle fut ta première réaction quand tu as su que tout était annulé ?

Vasil : Sous le choc… dans un premier temps, je parle du point de vue « cœur », et parce que je suis certain que je ne suis pas le seul bien entendu, pour nous tous tout était planifié afin d’évoluer autour de ce « voyage », de faire l’Eurovision, et ensuite ce qu’il s’est passé, pour nous en tout cas : notre plan stratégique.
Tout ce que nous avons fait, nous l’avons fait lentement pour arriver sur scène.
A ce moment-là, nous avons simplement ralenti l’information, parce que nous ne voulions pas donner trop, trop tôt, alors nous avons fait le contraire. Nous avons misé sur le fait de tout donner sur scène.
Alors, quand tu réalises que tu n’as pas cette chance, c’est le « crash ».

That’s Eurovision ! : Nous devons comprendre qu’il y a énormément de personnes impliquées. Les chanteurs bien entendu, mais aussi les équipes, maison de disques… des tas de personnes.

Vasil : Exactement ! Et même pour la chanson, tu as les compositeurs, le parolier, le producteur, la postproduction. Il s’agit de la famille de la chanson.
Puis tu as la chaîne de télévision, tu as cette famille-là aussi. Mon équipe personnelle qui me soutient, il y a donc des tas et des tas de personnes impliquées.

Vasil - Rien n'arrive par accident !

That’s Eurovision ! : Et donc, deux semaines plus tard, comment vis-tu ce moment qui ne va pas se produire ?

Vasil : J’ai su surmonter tout ça. Je veux dire, le fait est que je crois toujours que nous devons faire face à la réalité. Donc je pense toujours, peu importe les épreuves que j’ai traversées dans la vie, je choisis toujours de voir le bon côté.

Donc pour moi, je l’ai vu comme une bénédiction. Tant de gens connaissent maintenant mon nom, ils ont entendu parler de moi. Vais-je arrêter de faire de la musique ? Non, je ne le ferai pas ! Est-ce que je veux revenir l’année prochaine ? Oui ! Je ne sais pas encore si ce sera le cas, mais en mon fort intérieur, je me dis : « Ok, si cela ne se produit pas, nous devons faire de notre mieux… On me connaît désormais, j’ai plus de responsabilités quant au partage de ma musique et de mon histoire ».

C’est mon objectif principal de toute façon. Et pour le moment je reviens au « Plan A », celui que j’avais à mon retour il y a deux ans, de me concentrer sur la musique macédonienne et réaliser mon album macédonien.
J’étais censé le publier en mai, mais je l’ai mis en attente, car l’Eurovision est arrivé.
Mais maintenant il y a aussi un « Plan C », c’est-à-dire la réalisation d’un EP en anglais en même temps !
Et j’ai une chanson qui doit sortir demain (« Mojata Ulica » - Sortie le 4 avril 2020). C’est une chanson que j’ai faite et qui devait sortir le jour où on m’a proposé de faire l’Eurovision. Je l’ai donc mise en attente, mais rien n’arrive par accident. Cette chanson est un beau message à nouveau. C’est une ballade puissante, composée uniquement en piano voix. Nous avons décidé de faire la vidéo en une seule prise.

Vasil - Rien n'arrive par accident !

That’s Eurovision ! : Tu me dis que tu ne sais toujours pas pour l’année prochaine. Nous avons vu que 10 pays avaient déjà dit oui à leur candidat « 2020 » pour 2021 (18 à ce jour). Qu’en est-il pour toi ? Est-ce ta décision ou celle de la télévision ?

Vasil : Celle de la télévision. Ils savent, bien entendu, et je l’ai clairement fait savoir, que j’étais très intéressé, car je n’ai pas eu la chance d’y aller. Suis-je d’accord pour dire que la chanson doit être différente ? Oui, car j’estime que conserver la même chanson une année entière est trop long, mais le dernier mot reviendra à la chaîne de télévision.

That’s Eurovision ! : Parlons un peu de Vasil, qui es-tu ? D’où viens-tu d’un point de vue musical ?

Vasil : Toute ma vie n’est que musique, j’ai été découvert comme enfant star alors que je n’avais que 7 ans. J’ai chanté ici pendant quelques années et j’ai sorti mon premier album à l’âge de 8 ans. Puis pendant 2 ou 3 ans, j’ai sorti environ 16 chansons. Et l’une d’entre elles est devenue intemporelle. Une chanson avec laquelle chaque enfant grandit en Macédoine.
Puis ma famille a émigré, alors j’ai quitté la Macédoine pendant 22 ans. J’ai vécu 10 ans à Toronto, 8 ans à Chicago, 1 an à Milan, 1 an à Londres.

Quant à la musique, je l’ai étudiée dans les meilleurs conservatoires, la musique classique surtout. J’ai chanté de l’Opéra pendant 13 ans, j’ai beaucoup chanté à Versailles, c’était à l’Opéra Royal, « Persée de Lully ».
Quand j’ai commencé à chanter de l’Opéra un peu partout, et à chaque fois que je terminais un concert classique, je chantais une chanson dans ma langue natale, à ma façon, que ce soit du jazz ou de la soul. Et les spectateurs venaient me voir et me disaient… « Le Concert était beau, mais ce que tu as fait, cette dernière chanson, pourquoi n’enregistres-tu pas ça ? ».

Cela passait par une transition vocale, et à ce moment-là, j’ai dû annuler toutes mes performances classiques pour me concentrer à nouveau sur la technique. C’est alors que j’ai pris le temps de m’écouter. Et c’est vraiment sympa car en m’écoutant, mon corps me disait : « Rentre chez toi, concentre-toi sur la musique Pop ! » Une petite voix me disait : « Tu as tant de chose à dire...écris tes propres chansons, ta propre musique ! ».
Et cela m’a aidé à prendre la décision de tout quitter. 22 ans plus tard, je suis  revenu, c’était l’année dernière… je vis pour la musique ! (rires).

Vasil - Rien n'arrive par accident !

That’s Eurovision ! : Donc pour toi, passer de l’Opéra à la Pop était plutôt une bonne chose ? Tu n’étais pas sensé chanter que de l’Opéra ?

Vasil : Non ! Ma force a toujours été planifiée selon les couleurs de ma voix. C’est quelque chose que j’ai toujours su quand j’étais petit. J’avais l’habitude de dire que je souhaitais être le premier chanteur de renommée mondiale. Celui qui peut facilement passer d’un style à l’autre.

That’s Eurovision ! : Tu as fait tes premiers pas à l’Eurovision l’année dernière avec Tamara

Vasil : En fait, mes premiers pas à l’Eurovision furent quand j’ai tenté la sélection nationale en 2007. Je suis allé jusqu’en finale mais je n’ai pas gagné. Puis, l’année dernière, j’ai fait la connaissance de Tamara et de Kosta, qui faisait partie de l’équipe des compositeurs. Alors qu’elle était en studio, j’ai été appelé pour l’aider à chanter en anglais.
Je lui ai dit  « Sister, mais tu peux chanter en anglais ! (rires), je vais t’aider ». Ensuite, elle m’a dit « Allons en studio, tu vas m’accompagner ! ». C’est ainsi que tout a commencé l’année dernière. Finalement je suis devenu son choriste et ce fut le meilleur cadeau, car c’était comme une répétition en costume pour moi. Oui, c’était un rêve éveillé ! Mais y participer de cette façon d’abord a été l’une des meilleures leçons...et ma recommandation pour quiconque veut faire l’Eurovision : « si vous pouvez y participer de cette façon avant d’être sur le devant de la scène, faites le ! ». On y apprend tellement.

Vasil - Rien n'arrive par accident !

That’s Eurovision ! : Si tu n’avais pas été chanteur, qu’aurais-tu fait ?

Vasil : (après un long silence)… Rien ! (rires) ça aurait été dans la musique. Je savais ce que je voulais faire à un très jeune âge. Tu sais, je suis dans le show-biz depuis près de 26 ans. Donc, ma réponse sera : « si je ne chante pas de la Pop, je chante du jazz. Si je ne chante pas du jazz, je chante de l’Opéra »... Ce sera toujours dans la musique. Ou dans la production musicale…

That’s Eurovision ! : Dis-moi, est-ce que la chorégraphie était déjà prête pour Rotterdam ?

Vasil : Nous avions répété une fois. Nous l’avions préparé tel que cela aurait dû se passer. Nous allions présenter notre « signature » de danse à toutes les pré-parties, dont la première devait avoir lieu à Londres. Je savais tout cela, la chorégraphie n’était pas encore terminée, nous parlions de costumes… le plus « drôle » c’est que le jour où je devais recevoir la vidéo pour la chorégraphie, fut le jour où tout a été annulé. Donc, nous ne l’avons pas fait.

That’s Eurovision ! : Es-tu danseur également ?

Vasil : Je peux bouger, je ne peux pas dire que je suis un danseur, mais je sais bouger (rires).

Vasil - Rien n'arrive par accident !

That’s Eurovision ! : Qui t’accompagne dans la vidéo de ta chanson « YOU » ?

Vasil : Elle s’appelle Sarah Cvetkovska. C’est une danseuse professionnelle. Nous nous sommes rencontrés à l’occasion de mon dernier clip « Patuvam ». Une chanson que j’ai réalisée.

That’s Eurovision ! : Parle-moi de toi s’il-te-plaît. Où puis-je te trouver quand tu n’es pas derrière un micro ?

Vasil : Si je ne suis pas derrière un micro et si je ne suis pas en quarantaine (rires)… tu peux me trouver à la salle de sports, et si c’est l’été, je suis au bord de l’eau. Je serais sur la plage, à bronzer… Tu me trouverais dans un café, quelque part.
J’aime être dehors, j’aime le sport ainsi qu’être avec mes amis.

That’s Eurovision ! : Qu’elle est ta définition du bonheur ?

Vasil : Etre bien et te sentir bien dans ta peau. Pouvoir se coucher la nuit, arrêter tous les sons et sourire, sincèrement !

That’s Eurovision ! : Imagine que je t’offre la possibilité de survoler un moment de ta vie, tu ne pourras rien y changer, tu es juste spectateur de ce moment, où m’emmènes-tu ?

Vasil : Ooooh… C’est une belle question… plusieurs moments me viennent à l’idée.
Lorsque ma famille a quitté les Etats-Unis après le 11 septembre. J’ai vécu une très belle scène à l’aéroport, une chorale est venue me rendre visite. Ils ont formé un cercle autour de moi, j’étais au milieu pendant qu’ils chantaient. J’aurais adoré survoler ça.
Je voudrais aussi survoler la dernière fois où j’ai vu mon père, sans savoir que c’était la dernière fois.

That’s Eurovision ! : Oh… désolé…

Vasil : Non, ne le sois pas... cela fait plus de dix ans.
Ce sont deux moments que j’aimerais survoler, oui !

Vasil - Rien n'arrive par accident !

That’s Eurovision ! : Je te propose de chanter en duo avec l’artiste de ton choix (vivant ou décédé), avec qui chanterais-tu ? Quel genre de chanson ?

Vasil : Oh Mon Dieu ! Le premier nom qui me vient à l’esprit est Barbra Streisand !
Que style de chanson ? Je ne sais pas… nous chanterions une chanson originale de mon compositeur préféré, Stephen Sondheim. Oui, nous chanterions une chanson originale de Stephen Sondheim avec un orchestre derrière nous.

That’s Eurovision ! : Tu restes fidèle à l’Opéra ainsi qu’aux grandes voix n’est-ce pas ?

Vasil : Oui, j’aime les jolies mélodies, les voix pures. Je dois admettre que je préfère les voix féminines.

That’s Eurovision ! : Quel est ton Top 3 dans les albums ?

Vasil : Hmm, cela dépend… J’aime l’album « Stripped » de Christina Aguilera. C’est l’un des albums que je peux écouter du début à la fin, et l’écouter à nouveau.
Un autre que j’ai vraiment beaucoup aimé l’année dernière est celui de Rosalia.
Ce qu’elle fait est ce que j’aime, ce pourquoi je suis rentré chez moi.
Elle utilise les racines espagnoles du Flamenco d’une façon moderne, et je veux utiliser les racines de la musique macédonienne d’une façon moderne.

That’s Eurovision ! : Si tu devais rencontrer le petit Vasil alors qu’il n’avait que 7 ans, que lui dirais-tu ?

Vasil : Reste fort… cela va être très rude, mais ton sourire sincère et honnête gagnera toujours le cœur des gens.

Vasil - Rien n'arrive par accident !

That’s Eurovision ! : Arrêtes-moi si je suis indiscret… as-tu quitté la Macédoine à cause de la guerre en ex-Yougoslavie ?

Vasil : Oui, lors de l’époque du Kosovo, nous ne savions pas ce qui allait arriver. Alors la famille a eu la chance de partir pour les Etats-Unis d’Amérique. Et c’est ce que nous avons fait.

That’s Eurovision ! : Et donc… Penses-tu que ce « déménagement » fut le début de ta « nouvelle vie » en tant que chanteur ? Penses-tu que cela aurait été pareil si tu étais resté en Macédoine ?

Vasil : Non... rien n’arrive par accident. Pour moi, je pense qu’à l’époque, ce fut l’une des plus difficiles décisions, car j’étais l’enfant star le plus célèbre en Macédoine.
Etre parti à cette époque, avant la puberté. Quand nous avons déménagé en Amérique, je ne parlais pas anglais… je pouvais juste dire « Yes, No, Goodbye and Thank You ». Ce fut un grand choc, parce que je suis passé du sommet dans mon pays à absolument rien du tout en Amérique. Pour moi, ce fut une leçon très difficile à l’époque.
Aujourd’hui, cela me rend très humble et j’apprécie de savoir d’où je viens. Donc, si j’étais resté ici, je ne sais pas ce qui se serait passé. Mais je suis tellement reconnaissant de tout ce qui s’est passé à ce moment là.
Je pense que cela a été un passage obligé vers quelque chose de plus grand, afin de me préparer à quelque chose qui ne m’est pas encore arrivé.

Vasil - Rien n'arrive par accident !

That’s Eurovision ! : Tu me dis que tu étais un enfant star. As-tu pris part à une sorte de « Reality Show » ? Est-ce que tes parents étaient célèbres sur la scène musicale macédonienne ?

Vasil : Non, personne n’est musicien dans la famille. A l’époque, il y avait des festivals pour enfants. J’ai chanté dans trois d’entre eux. Et l’une de ces chansons est devenue la chanson la plus célèbre qui soit encore écoutée à ce jour « Marionka ».

That’s Eurovision ! : Récemment, tu m’as dit que tu interprétais de la musique française ?

Vasil : Oh oui ! Je continue à chanter dans des vidéos en ligne pour les personnes supportant cette quarantaine. J’adore la musique classique, la mélodie française est ma préférée. Est-ce que tu connais « L’heure Exquise » de Hahn ? Ça a été la bande originale de ma vie ces trente dernières heures. Je continuais de chanter, chanter, chanter…

That’s Eurovision ! : Y a-t-il quelque chose que tu veux dire à nos lecteurs ? Quelque chose de spécial qui vient du cœur, puisqu’il n’y aura pas d’Eurovision cette année ?

Vasil : Je dirais juste « Tenez-vous en à votre vérité ! », restez vrais, même si cela est difficile. Continuez simplement à croire en vous et en votre vérité.

That’s Eurovision ! : Merci Vasil, merci beaucoup pour avoir accepté cet entretien.

Vasil : Ce fut un plaisir.

Interview : Alain DHALLEWIN

Présentation graphique : Ludovic PICAVET

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